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LegalEDHEC présente lors du Village de la Legaltech son étude sur les compétences clés du juriste augmenté identifiées par les leaders du droit.

Publié le : jeudi 2 janvier 2020

Le mercredi 27 novembre, lors du village de la Legaltech qui s’est déroulé à la Cité des Sciences à Paris, le Professeur Christophe Roquilly ; directeur de LegalEDHEC, et Jérôme Frizzera-Moggli chercheur-associé à LegalEDHEC, ont présenté le résultat de leur étude portant sur les compétences-clés du juriste augmenté selon 100 leaders du droit.

L’étude, menée en partenariat avec l’AFJE, s’est basée sur l’écosystème des travaux de LegalEDHEC. Ce centre de recherche de l’EDHEC Business School existe depuis plus de 10 ans et est un centre pionnier et leader en France sur les questions à l’intersection entre le droit, la stratégie d’entreprise, le management, l’éthique et l’économie. LegalEDHEC concentre maintenant ses travaux et ses projets sur le droit, la pratique du droit et le juriste augmentés (« Augmented Law, Lawyers and Lawyering » (Alll). Ce projet tente notamment de répondre aux problématiques des acteurs du marché du droit, à savoir comment s’adapter au monde VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity).

Pour revenir sur les raisons de l’étude, Jérôme Frizzera-Moggli nous explique que le pôle de recherche est parti du constat suivant : les métiers du droit sont aujourd’hui confrontés à des outils digitaux et à la question de la transformation digitale. Mais ces métiers sont traditionnellement, et avant tout, des métiers de talent. L’intelligence singulière du juriste – celle nourrie par ses compétences et son expertise juridiques - et fondamentalement individuelle (de par la manière dont il a été formé), n’est plus suffisante de nos jours. Les juristes, qu’ils travaillent en entreprise, en cabinet, ou autres, se doivent de développer d’autres types de compétences, qui vont au-delà des compétences juridiques qui restent évidemment indispensables pour exceller : c’est ainsi que sont aussi attendues des compétences digitales et business, mais aussi des soft skills. Le juriste passe ainsi d’une intelligence singulière à une intelligence multiple, l’objectif étant d’évoluer d’une intelligence individuelle vers une intelligence collective, au service de l’entreprise et des clients.

Evaluer ses softs skills dans une chaine de valeur est parfois compliqué. Le juriste, aujourd’hui encore plus qu’hier, est en relation avec l’humain, même s’il utilise de plus en plus d’outils numériques. Il se doit d’être encore plus connecté aux clients et à son équipe. C’est donc sur cette dimension que LegalEDHEC a en particulier travaillé, en renforçant le développement des soft skills des étudiants, en coopération avec le Career Centre de l’EDHEC Business School. Ainsi, le LL.M. Law and Tax Management de l’EDHEC a introduit dès cette année de nouveaux cours en cohérence avec les résultats de l’étude, tels qu’un séminaire d’Advanced Lawyering ainsi que des cours relatifs à l’intelligence artificielle dans le monde du droit et du management.

Le travail a commencé par l’élaboration d’un portefeuille de 150 compétences, réparties en trois catégories : « digital skills, soft skills et business skills ». Il a été ensuite demandé à 100 leaders du droit (en partenariat avec l’AFJE) derépondre à un questionnaire afin de savoir si chaque compétence était prioritaire pour être recruté (pour un jeune collaborateur), et/ou prioritaire pour performer et progresser, ou non prioritaire. Les leaders « qui font bouger le droit » étaient des directeurs juridiques, des associés de cabinets d’avocats, d’études de notaires et huissiers, des professeurs de droit, ainsi que quelques cabinets de recrutement et des Legaltechs.

Cette étude sur le juriste augmenté a été restituée en trois épisodes :
• L’ESSENTIEL : le Top 15 des skills pour être recruté et progresser dans la carrière de juriste en entreprise ou en cabinet
• SPÉCIAL JEUNES DIPLÔMÉS : le Top 30 des skills attendus pour le recrutement et le Top 10 par catégorie de skills
• SPÉCIAL MANAGERS JURIDIQUES ET ASSOCIÉS EN CABINET : le Top 30 des skills prioritaires pour progresser et performer et le Top 10 par catégorie de skills.

L’objectif de cette étude est de mettre à disposition dans les prochains mois, avec le soutien de Seraphin Legal qui apporte son savoir-faire technologique, un référentiel de compétences en mode “Wiki” afin que chacun participe à le mettre à jour car il a vocation à être dynamique. Chacun pourra s’autoévaluer et les directions juridiques, cabinets d’avocats, etc., pourront se servir de ce référentiel-marché pour le customiser et construire leur son propre « référentiel maison ». Il existe en effet deux piliers dans une organisation juridique telle qu’un cabinet d’avocats : le business model et le second, dont on parle moins : le talent model. Pour faire évoluer le business model, il faut faire bouger le talent model (les équipes). Cela permet de gagner du temps et de l’argent mais aussi de passer de la prouesse à la performance.

Le talent model évolue par le biais de 3 types de compétences déterminées, en plus, bien évidemment, des compétences juridiques :
• Les digital skills sont des compétences liées à la compréhension, l’utilisation et la conception/production d’outils technologiques et de data
• Les business skills sont des compétences liées au développement et au management d’un département juridique ou d’un cabinet
• Les soft skills sont des compétences comportementales

L’étude développe en 3 catégories les skills du juriste augmenté :
• Catégorie “A” : soit les compétences-clés du juriste augmenté pour être recruté
• Catégorie “AA” : soit les compétences-clés du juriste augmenté pour progresser et performer
• Catégorie “AAA” : soit les compétences-clés du juriste augmenté pour être recruté, progresser et performer.

Il s’est ainsi dégagé une tendance concernant les skills “AAA” : les soft skills dominent le TOP 15 (12 sur 15), avec en numéro 1 la gestion du stress en situation de crise ou d’urgence et en numéro 2 le fait de donner et de recevoir des feedbacks. Cette prédominance des soft skills se ressent également au stade “A”, c’est-à-dire le recrutement : ainsi, les soft skills trustent les 8 premières places du TOP 15. Enfin, concernant les skills prioritaires pour progresser et performer (“AA”) ce sont les digital skills qui surclassent le TOP 15 avec en haut du classement l’identification des nouveaux outils de la legaltech, des outils de dashboard ou des outils de knowledge management.

Pour en savoir plus sur le détail des résultats de l’étude sur les compétences clés du juriste augmenté : https://alll.legal/

Par Anthony Procot, étudiant en LLM à l’EDHEC Business School

Extrait d’une des nombreuses informations de l’enquête.