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Les interviews du Village de la Legaltech : Gaëlle Marraud des Grottes et Grégoire Miot de Wolters Kluwer.

Publié le : mardi 5 novembre 2019

TopSponsor du Village de la Legaltech depuis plusieurs années, Wolters Kluwer est l’un des acteurs historiques du droit qui accompagne les professions du droit dans leur transformation.

Gaëlle Marraud des Grottes est Rédacteur en chef du site Actualités du droit, de Wolters Kluwer France, en charge de la rubrique Tech & Droit. Après presque 10 ans à la tête de la Collection Lamy droit civil, elle analyse aujourd’hui pour les professionnels du droit les évolutions de la régulation de la Tech (blockchain, intelligence artificielle, plateforme en ligne, etc.).

Ancien avocat et entrepreneur dans la transformation digitale des métiers du droit, Grégoire Miot est actif sur le marché de la legaltech depuis près de 10 ans. Il a rejoint, en 2018, Legisway - acteur historique de la Legaltech française - comme Head of New Markets & Chief Evangelist, dans le contexte de son acquisition par le groupe Wolters Kluwer.

Grâce au vaste réseau que vous possédez en tant qu’éditeur historique, constatez-vous (ou non) que la Legaltech se diffuse dans le marché français jusqu’aux plus petites structures ?

L’effervescence de ces dernières années autour de la transformation digitale des professions du droit a fait son travail en favorisant la prise de conscience collective de ses enjeux. Si la réticence à faire le premier pas vers la digitalisation pour de nombreux métiers du droit, et notamment au sein des petites structures, a souvent été le coût lourd de certains outils complexes, ce n’est aujourd’hui plus une réalité. Encourager l’adoption d’une démarche Legaltech passe aussi par la mise à disposition d’outils accessibles pour tous et le marché a réagi en adaptant son offre. Aussi, bien que certaines technologies pointues restent encore difficiles d’accès pour une part du marché, le taux d’adoption des plus petites structures tend à dépasser celui d’un certain nombre de grands groupes, dont l’inertie complexifie encore l’identification des besoins et l’implémentation de solutions.

Citons deux exemples de Legaltechs : FoxNot, notre partenaire sur le marché des Notaires, qui digitalise et simplifie les démarches pour les transactions immobilières et les successions : 60 % de leurs clients sont des petites structures (1 ou 2 notaires associés).
Quant à notre partenaire Predictice qui propose un moteur de recherche et d’analyse de la jurisprudence, si 56 des 100 plus grands cabinets parisiens sont déjà clients, il compte aussi près de 2 000 utilisateurs partout sur le territoire, notamment au sein de barreaux moins grands comme Albi ou Vichy-Cusset.

Nous pensons qu’il y a deux points communs à ces clients, quelle que soit leur taille :
1. La volonté stratégique des dirigeants de s’appuyer sur les nouvelles technologies pour augmenter la productivité de leurs équipes et proposer des services innovants à leurs clients.
2. La capacité de ces dirigeants et des LegalTechs d’accompagner les changements de process qui viennent souvent avec l’adoption de nouveaux outils.

La documentation juridique se tournera-t-elle bientôt vers l’anticipation (notamment des risques) ?

Nous pensons que les clients de la documentation juridique souhaitent non seulement des outils de plus en plus intuitifs et performants pour leurs recherches, mais aussi des éléments d’analyse. Par exemple : des montants d’indemnités, des montants à provisionner, ou encore des rapprochements de jurisprudence et de contenus doctrinaux similaires ou contraires. Tous ces éléments d’analyse combinés à la jurisprudence et à la doctrine à jour rédigée par des auteurs experts aident les professionnels du droit à mieux conseiller et défendre leurs clients.
Peut-on parler d’anticipation ? Dans une certaine mesure, quand ces analyses se basent sur de très grands volumes de données et sur des cas très similaires. Mais chaque situation peut faire l’objet d’un revirement de jurisprudence selon l’appréciation des juges. Il ne peut donc s’agir que d’éléments supplémentaires destinés aux professionnels du droit pour établir leur stratégie de défense et de conseil de leurs clients.

Qu’évoque le thème de notre salon (« Humain +Technologie = 3 ») pour vous ?

L’apport technologique au quotidien de l’Humain, professionnel du droit, dote celui-ci d’un incontestable avantage. Pourtant, la technologie ne rend pas l’humain plus intelligent dans son domaine, et ne simplifie pas non plus les subtilités de la matière juridique. En revanche, elle vient se mêler à l’exercice du droit pour accélérer tant son accessibilité, que sa compréhension et son analyse. Le juriste techno-propulsé a compris que la technologie est un outil d’intelligibilité de la donnée juridique, qui s’appuie autant sur l’expertise de son utilisateur que sur les capacités grandissantes de technologies intuitives et autonomes. Mais, pour obtenir une efficacité optimale au sein de la structure dans laquelle elle est déployée, il faut un accompagnement du changement : un déploiement réussi d’un nouvel outil doit embarquer les équipes.

En ce sens, la conviction de Wolters Kluwer est de continuer à doter les professionnels du droit d’outils de plus en plus évolués pour leur permettre, non pas d’être substitués par leurs propres outils, mais de se recentrer sur l’essentiel de leur métier : l’humain et l’expertise.