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Les interviews du Village de la Legaltech : Isabelle de La Gorce et Coline Alméras-Vaillant, PwC Société d’Avocats.

Publié le : jeudi 14 novembre 2019

TopSponsor du Village de la Legaltech, le cabinet PwC Société d’Avocats aborde ici notamment le sujet des différents impacts sur les métiers du droit des transformations que nous rencontrons actuellement.

Isabelle de la Gorce est avocate, associée du cabinet PwC Société d’Avocats au sein de l’équipe Transactions. Elle conseille et accompagne des fonds d’investissement et des groupes français et étrangers dans leurs opérations de cessions, d’acquisitions et de réorganisations, françaises et transfrontalières. Passionnée par les enjeux de digitalisation, Isabelle est par ailleurs en charge de l’innovation à destination des directions juridiques.
Avant de rejoindre PwC Société d’Avocats en 2018, Isabelle a exercé dans différents cabinets à Paris et New York et a créé une start-up dans le domaine des Legal techs.

Coline Alméras-Vaillant est en charge des initiatives innovantes du cabinet PwC Société d’Avocats.
Elle accompagne les directions juridiques et fiscales dans leur transformation et notamment sur leurs sujets d’innovation technologique, organisationnelle et méthodologique. Elle travaille également sur la transformation des métiers et des pratiques au sein du cabinet.
Avant de rejoindre PwC Société d’Avocats en 2019, Coline a successivement travaillé au sein des directions de l’innovation d’Engie puis d’un cabinet de Conseil.

Quels sont selon vous les professionnels du monde du droit les plus impactés par les grandes transformations actuelles ?

Les professions que nous connaissons le mieux sont les directions juridiques que nous accompagnons quotidiennement et l’écosystème des cabinets d’avocats dont nous faisons partie. Il nous est difficile de nous prononcer sur les autres, que nous côtoyons moins.

L’impact n’est pas seulement technologique. L’enjeu se trouve plutôt dans notre capacité à gérer la profonde remise en question de nos métiers et de notre savoir-faire. Les innovations sont parfois perçues comme des menaces plus que comme des opportunités. Les Legaltech modifient le marché, mais nous les voyons aujourd’hui comme des partenaires plus que comme des concurrents.

Pour prendre en main ce destin, nous considérons qu’il est essentiel de se projeter dès maintenant dans des rôles et des compétences nouvelles. Il nous est indispensable d’adopter ces nouvelles technologies et ces outils pour être en mesure de modeler les compétences des professionnels du droit de demain, sans passer à côté de la valeur apportée par de nouvelles variables telles que la donnée par exemple.

Quel doit être le positionnement d’un grand cabinet d’avocats comme le vôtre sur le marché des LegalTech ?

Les LegalTech sont aujourd’hui des acteurs incontournables de notre métier, tant pour la réalisation de nos prestations de conseil juridique, que dans notre accompagnement à la transformation des directions juridiques.

Aujourd’hui, nous innovons pour nos clients mais aussi en interne. Dans le cadre de notre propre transformation et avec une démarche de co-investissement, nous mettons en place des partenariats avec des prestataires externes et nous intégrons ces nouveaux outils à nos pratiques. Ces nouveaux partenaires, alliés à la pluridisciplinarité de notre cabinet, nous permettent de nous positionner comme une plateforme d’échanges et d’accompagnement des grands groupes et des LegalTech, permettant à chacun de s’inscrire dans une relation de confiance pour innover avec sérénité.

Nous créons aussi nos propres outils en formant des attelages entre nos avocats et les data scientists de PwC. Des investissements lourds sont réalisés par la firme en France et dans le monde, nous permettant ainsi de combiner notre savoir-faire avec ces nouvelles technologies pour mieux servir nos clients et construire nos offres de demain. Toutes nos équipes d’avocats ont d’ailleurs suivi en octobre un programme de formation au digital, intitulé « Your Tomorrow », qui leur a permis de se former entre autres à la datavisualisation.

Qu’évoque pour vous le sujet du salon, « Humain + technologie = 3 » ?

Chez PwC et chez nos clients, nous mettons l’humain au centre de nos processus de transformation. Notre objectif n’est pas de remplacer nos métiers mais d’accompagner leurs évolutions et de permettre aux professionnels d’embrasser les changements. Les avancées technologiques seules ne transformeront pas nos pratiques, en revanche c’est l’apparition d’un juriste augmenté, capable de se servir de ces nouvelles technologies sans pour autant dévoyer son expertise, qui fera la différence.

Nous observons souvent au cours de nos missions que la question de l’adoption des nouvelles technologies est au cœur des problématiques de transformation, chez les juristes comme chez les avocats. La stratégie de formation et du profil des équipes de demain est cruciale puisque la formation des juristes n’a pas évolué aussi vite que ces technologies. La capacité à s’approprier ces nouvelles technologies est déjà essentielle pour des professions qui, tout âge confondu, se sentent souvent menacées par ces innovations. Notre rôle est de les accompagner, de les former et de les rassurer en facilitant leur transition vers un futur augmenté et des profils plus hybrides.