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Les interviews du Village de la Legaltech : Muriel Féraud-Courtin et Cécile Debin, Avocats Associées, Deloitte Legal | Taj.

Publié le : lundi 18 novembre 2019

Deloitte Legal | Taj est l’un des TopSponsors du 4ème Village de la Legaltech et nous parle des Directions juridiques face à la Legaltech, de leur maturité et enjeux...

Muriel Féraud-Courtin, Avocat Associée, a plus de 20 ans d’expérience en Droit des affaires.
Elle intervient principalement en droit commercial et dans le cadre de restructurations nationales ou internationales ainsi que dans la réalisation d’audits de la fonction juridique de grands groupes français et la rédaction de cartographies des risques juridiques et réglementaires.
Elle est responsable de la ligne de services « Insurance » du réseau Deloitte Legal.

Cécile Debin, Avocat Associée, est spécialiste en Droit des sociétés et en Fusions-Acquisitions. Elle dispose de plus de 20 ans d’expérience.
Elle bénéficie d’une pratique approfondie des opérations de M&A pour des grands groupes et des fonds de Private Equity français ou étrangers. Elle accompagne ses clients sur des opérations françaises et internationales tant sur les due diligences à l’achat comme à la vente que sur la totalité du processus de la transaction.

Quelles sont les mutations en cours et les principales grandes tendances que vous observez dans le marché des Legaltech ?

Le marché des Legaltech est très dynamique, les offres de produits ne cessent d’évoluer et proposent des solutions toujours plus adaptées aux demandes des clients. La rédaction d’actes juridiques, le stockage sécurisé de données ou l’échange de documents confidentiels sont des secteurs privilégiés des acteurs de cet écosystème mais nous pouvons observer que certaines mutations sont en train de s’opérer.

Les offres ont tendance à se globaliser en intégrant par exemple, plusieurs langues étrangères dans leurs modules. Parallèlement, elles se diversifient en s’orientant vers des solutions technologiques sur mesure comme le contract management. Enfin, l’IA présente dans certains outils mis à disposition des clients facilite la reconnaissance de clauses ou encore de mots, ce qui permet d’améliorer les performances dans l’accomplissement de certaines tâches qui peuvent s’avérer parfois chronophages. Le juriste pourrait à terme se concentrer sur les tâches à plus forte valeur ajoutée pour l’entreprise.

Auprès des clients que vous accompagnez, observez-vous une réelle prise en compte des enjeux de la Legaltech ?

La moitié des directions juridiques estiment qu’elles ne sont pas encore en mesure de s’approprier les outils digitaux. Pour autant, nos clients commencent à afficher une position mature vis-à-vis du digital en adoptant un plan stratégique de digitalisation de la fonction juridique et de la compliance. Le plus souvent d’ailleurs, cette transformation s’accompagne, dans les entreprises d’une certaine taille, de la création d’un poste de Legal Operations Officer.
En conciliant sa compréhension des exigences opérationnelles du service et des technologies disponibles, il devient aujourd’hui un acteur clé de la transformation du département juridique. Son rôle transversal lui permet d’assurer la gestion et le suivi des projets de transition numérique, les nouveaux modèles opérationnels qui en découlent, et la gestion de la performance du service.

Qu’évoque pour vous le thème du salon « Humain + Technologie = 3 » ?

Face à l’automatisation de certaines tâches, l’humain est clé pour la réussite d’un projet de transformation technologique. Nos clients sont unanimes sur ce point !
L’implémentation de Legaltech permet aux directions juridiques d’entretenir une plus grande proximité avec leurs clients. C’est notamment un moyen d’accroître la dimension de conseil, d’anticipation du risque, d’analyse et de management. Le rôle du juriste ne se cantonne donc plus à la connaissance du droit mais à une vision plus prospective et qualitative, il devient partie-prenante des enjeux business de l’entreprise.

Cependant, nous constatons qu’il est parfois difficile d’« embarquer » les équipes au début du projet. Ce pourquoi, un accompagnement à 360° est essentiel. Plus que de la pédagogie, il est nécessaire de démontrer aux équipes les bénéfices réels qu’elles tireront de la mise en place d’un nouvel outil.