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Les interviews du Village de la Legaltech : Nicolas Bustamante, Président et co-fondateur de Doctrine.

Publié le : jeudi 7 novembre 2019

Nicolas Bustamante, normalien et Forbes 30under30, est le Président et co-fondateur de Doctrine, 1ère plateforme d’information juridique et start-up de la Legaltech française fondée en 2016. Doctrine a déjà séduit plus de 3 000 avocats et juristes et a levé 12 millions d’euros. Avec 90 collaborateurs aujourd’hui, elle prévoit d’en recruter le double en 2019 et de développer ses activités à l’international afin d’œuvrer encore davantage à la transparence et la modernisation de la justice, socle de la démocratie.

Doctrine est l’un des Top Sponsors du Village de la Legaltech 2019 et partage ici sa vision des missions et responsabilités d’une Legaltech disruptive...

Acteur de l’IA et de la justice dite "prédictive, que vous inspire le thème de notre salon, « Humain + Technologie = 3 » ?

L’enjeu principal est de comprendre ce qu’est la principale problématique des professionnels du droit aujourd’hui : obtenir les informations les plus pertinentes pour défendre et conseiller leurs clients. Dans un contexte d’inflation législative où le volume d’information juridique explose, cet enjeu peut devenir problématique. Malgré l’abondance d’information, les avocats continuent d’être habités par un doute : suis-je passé à côté de l’information clé pour conseiller et défendre mon client ? En tant qu’acteur phare de l’intelligence artificielle, Doctrine a imaginé des algorithmes spécifiquement conçus pour résoudre cette difficulté.

Doctrine ne prédit donc pas la justice et ne prévoit pas de le faire. Les algorithmes ne remplaceront pas les avocats et encore moins les juges. Ils travailleront avec eux.

Dans ce contexte, la technologie est un accélérateur business pour le professionnel, lui permettant de gagner en pertinence et en efficacité. Les retours que nous font nos clients en sont la meilleure illustration comme Me Boyer-Hémon “Avec Doctrine, j’ai une personne de plus dans mon équipe”.

Quel est votre regard sur les mutations en cours ? Quelles grandes tendances observez-vous ?

La tendance mondiale est à l’ouverture des données publiques, autrement appelée Open Data. Celui-ci consiste à rendre accessibles et librement réutilisables des données produites, reçues ou traitées par les administrations publiques, et certaines données d’entreprises privées, afin de faciliter le dialogue avec les citoyens et de créer de nouveaux services.

La France fait le pari de l’Open Data depuis plusieurs années déjà, avec l’adoption de la loi de 1978 relative à l’accès aux documents administratifs ou encore l’adoption de la loi pour une République numérique le 7 octobre 2016 qui prévoit la mise à disposition gratuite de certaines données du secteur public.

Appliqué à l’information juridique, cet Open Data permet d’apporter une vraie plus-value aux professionnels du droit en leur offrant un accès facilité à l’information dont ils ont besoin pour conseiller et défendre leurs clients. Doctrine permet aux avocats d’avoir confiance dans leur position juridique et la certitude d’avoir accès à toute l’information juridique disponible sur un point de droit pour défendre et conseiller au mieux leurs clients.

Quelles missions vous attribuez-vous en tant que Legaltech dans les grands débats du moments (open data, soft skills, place des femmes etc.) ?

Depuis nos débuts, nous nous engageons sur deux piliers fondamentaux :

• Co-construire un meilleur accès à l’information juridique avec les professionnels du droit : Nous avons investi dans des outils basés sur l’intelligence artificielle qui permettent de rendre la recherche plus simple et plus efficace pour les avocats et les magistrats. Ils sont plus de 3 000 à nous faire confiance au quotidien et plus d’un avocat sur 3 en France a déjà utilisé Doctrine. Par ailleurs, 10% des magistrats français utilisent Doctrine gratuitement. Nous facilitons leur prise de décision en leur donnant un accès plus large à la jurisprudence, et nous leur faisons gagner du temps.

• Renforcer l’Open data : La France est 27ème dans le classement des pays européens en matière de transparence de la justice. Partant de ce constat, la vision de Doctrine est de rendre la justice accessible et pertinente pour tous. Au-delà de considérations pragmatiques qui ont trait à l’exercice quotidien de la profession d’avocat, les principes de transparence et de publicité de la justice restent encore appliqués de manière trop parcellaire ce qui a un impact parfois négatif sur les activités des avocats. Chez Doctrine, nous nous engageons pour un idéal : celui d’une collaboration entre tous les acteurs pour l’ouverture et la transparence du droit qui bénéficiera à tous, professionnels du droit comme justiciables. Le challenge est immense, notre détermination l’est aussi.